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Une dernière danse, Victoria Hislop, 2014 (Les Escales)

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Sonia, londonienne d’une trentaine d’années, s’ennuie dans son couple et dans sa vie. Avec son amie Maggie, elle décide de prendre des cours de salsa. Très vite, la danse devient une passion et vient remettre du piment dans sa vie. Afin de perfectionner leur pratique, Sonia et Maggie se rendent à Grenade pour suivre des cours de danse.

Alors qu’elle prend un café en terrasse, Sonia se lie d’amitié avec le serveur, Miguel. Ce dernier se propose de lui faire visiter la ville et de lui raconter l’histoire de Grenade. Sonia est particulièrement intriguée par des photographies qui décorent le café de Miguel. On y voit une danseuse de flamenco ainsi qu’un torero. Miguel se lance alors dans le récit de la famille Ramirez dont la vie, comme celle de nombreux espagnols, fut bouleversée par l’arrivée au pouvoir de Franco.

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Hortense, Jacques Expert, 2016 (Sonatine)

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Sophie Delalande mène une vie qu’elle pourrait qualifier elle-même d’insignifiante jusqu’à sa rencontre avec Sylvain, un homme très beau au charme magnétique. Flattée de plaire à un tel homme, Sophie ne se rend pas immédiatement compte qu’il profite d’elle et qu’elle est la victime d’un pervers narcissique. Lorsqu’elle lui annonce sa grossesse, Sylvain prend la fuite.

Sophie élève donc seule sa fille, Hortense. Elle se complaît dans cette relation exclusive, n’a pas d’amis, doit se forcer à maintenir un lien avec sa famille. Hortense est tout pour elle.

Un soir, Sylvain se rend chez Sophie, l’agresse et kidnappe Hortense, alors âgée de trois ans. Sophie est détruite. Elle s’éloigne de sa famille, tout aussi bouleversée par cette disparition. Elle accepte cependant l’aide de certains collègues, réunis en comité de soutien, qui lui conseillent de témoigner de son histoire à la télé. Mais pour l’aider, il y a surtout Isabelle, sa seule amie, qui la soutient depuis les premières menaces de Sylvain.

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Junky, William S. Burroughs, 1953 (Folio)

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Junky est publié en 1953. Il s’agit du premier livre de William S. Burroughs, un des membres fondateurs de la Beat Generation. C’est grâce à son ami Ginsberg que Burroughs parvient à publier son récit. Dans sa préface, Ginsberg rappelle le contexte d’écriture et de publication.

On suit dans ce roman l’errance et les expériences de drogue du double littéraire de l’auteur William Lee. On ne comprend pas bien ce qui pousse ce dernier à commencer la drogue. Lui non plus n’a pas l’air de bien comprendre ce qui l’y pousse. Commence alors une descente aux enfers. Loin d’être un récit misérabiliste, qui insisterait sur le pathos, le roman s’apparenterait presque à un documentaire. L’auteur y décrit les différentes drogues, les modes d’admission, les effets immédiats et les effets à long terme de façon clinique. Il se limite aux faits, entrant dans des détails surprenants comme le nombre de doses nécessaires avant d’atteindre l’addiction, les méthodes de sevrage, etc.

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Rage, Stephen King, 1993 (Ed. J’ai lu)

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Charlie Decker est élève dans le lycée de Placerville, dans le Maine. L’histoire débute quand le lycéen est convoqué dans le bureau du proviseur. Ce dernier veut revenir sur un grave incident lors duquel Charlie a volontairement blessé un de ses professeurs. L’entretien tourne mal, Charlie insulte et provoque le proviseur qui décide de le renvoyer. En sortant de son bureau, le lycéen met le feu à son casier, tue sa professeur de mathématiques et prend en otage toute la classe. Commence alors un huis-clos haletant plus proche d’une psychothérapie de groupe que d’une prise d’otage traditionnelle.

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California Girls, Simon Liberati, 2016 (Grasset)

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Année 1969, Californie. Dans la nuit du 8 au 9 août 1969, l’actrice et compagne de Roman Polanski, Sharon Tate, alors enceinte, est sauvagement assassinée. Les autres habitants de la villa située au 10050 Cielo Drive subissent le même sort. Les coupables : un garçon et trois filles, tous membres de la secte de Charles Manson.

Nous sommes dans les années 1960, la mode est aux hippies, aux communautés, à l’amour libre et à l’expérimentation de drogues de toutes sortes. La « famille » Manson vit à Spann Ranch, près de Los Angeles. A la tête de cette communauté, il y a Charles Manson, ancien proxénète, déjà condamné, également pour des faits de vol. Aux yeux de ses adeptes, Manson est une réincarnation du Christ. Charismatique et colérique, il a tous les pouvoirs sur sa communauté, principalement constituée de jeunes filles isolées de leur famille et en fuite.

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Carthage, Joyce Carol Oates, 2015 (Philippe Rey)

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Dans la famille Mayfield, il y a Zeno, le père, ancien maire estimé de tous, sa femme Arlette engagée dans des œuvres de charité et leurs deux filles. Juliet est la jolie, Cressida l’intelligente. Cette dernière, hors norme, cynique, dérange et déstabilise même ses proches. Un soir, Cressida disparaît. Son sang est retrouvé dans la jeep de Brett Kincaid, l’ancien fiancé de sa sœur, de retour d’Irak, blessé et défiguré. Des témoins jurent avoir vu Cressida dans un bar avec Brett le soir de sa disparition.

Dans ce roman, Joyce Carol Oates retrouve ses thèmes de prédilection : l’adolescence, la famille, la blessure, l’humiliation et le mystère. Ce roman est aussi l’occasion pour elle d’évoquer l’Amérique post-11-Septembre : la guerre en Irak et le retour difficile de ces héros traumatisés et laissés pour compte.

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C’est beau une ville la nuit, Richard Bohringer, 1990 (Folio)

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C’est beau une ville la nuit est un long poème en prose ponctué de paroles de chansons, de confessions, de cris du cœur. Richard Bohringer se raconte dans un récit sans linéarité, comme pour coller à une vie faite d’errance. Impossible de ne pas entendre la voix si particulière de l’acteur à la lecture de ses mots. Une voix et un style que l’on devine façonnés par les coups durs de la vie, une enfance sans parents, une rupture amoureuse, l’alcool, l’héroïne, les amis perdus. Richard Bohringer écrit comme il parle, sans fioritures, en toute franchise. On devine derrière les coups de gueule un cœur trop sensible, une personnalité à vif. Le style est saccadé, musical, comme du slam avant l’heure.

Richard Bohringer porte un regard touchant et empathique sur le monde et les hommes.

« Écrire relève de l’espérance. Tu mets la virgule là où tu veux que ça freine et le point là où tu veux que ça s’arrête. Quand tu veux laisser ton idée faire son chemin sans toi, tu rajoutes quelques points. Quand tu t’étonnes, tu peux t’exclamer, c’est pas obligé. Et puis le reste, tu laisses à ceux qui veulent tout expliquer. »

 « Vie je te veux. Je t’ai toujours voulue. J’avais pas le mode d’emploi. C’est pour ça que j’ai tant attendu. Pour te dire combien je t’aime. Comme si t’avais toujours eu ta place dans mon horizon. Mais comment faire pour t’aimer ? Vraiment t’aimer. »