Les âmes perdues, Michael Collins (Le Seuil/Points)

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Un soir d’Halloween, dans une petite ville des États-Unis, le corps d’une fillette heurtée par une voiture est retrouvé. Quand les soupçons commencent à se porter sur Kyle Johnson, la star de l’équipe locale de football, le maire et le commissaire demandent au narrateur, Lawrence, policier qui ne se remet pas d’un divorce difficile, d’étouffer l’affaire.

Le scénario de ce roman est bien ficelé, les rebondissements sont nombreux et la chute est réussie. C’est donc un bon roman policier, mais à cause de la mélancolie profonde qui s’en dégage, d’une ambiance alanguie et pesante, je n’ai pas été transportée. L’auteur fait le choix de faire parler son personnage principal, ce dernier est un homme dépressif qui souffre toujours de son divorce et de ne pas voir son fils. On découvre au fil des pages qu’il est en grande partie responsable de sa chute. Ce n’est pas un personnage que l’on pourrait prendre en pitié, au contraire, l’homme semble plutôt minable, il se laisse entraîner dans cette histoire par le maire et le commissaire, et lorsqu’arrivent ses premiers remords, on se dit qu’une fois encore, il l’a bien cherché. Lawrence n’est pas le seul personnage à porter le désespoir, les autres protagonistes n’ont pas meilleure allure : sa collègue, Lois, vit seule avec un perroquet depuis le suicide de son mari ; le commissaire semble être arrivé là par hasard et n’a quasiment aucun pouvoir ; Kyle Johnson est l’image même du désespoir, malgré son aura de champion, entre un père jaloux et violent et une mère endoctrinée par sa religion, il sera la victime collatérale de l’intrigue. Toute cette noirceur est bienvenue dans un roman policier, mais la lenteur du récit et l’antipathie dégagée par la plupart des personnages font que l’histoire ne décolle jamais tout à fait. L’antihéros créé par Michael Collins est peut-être trop cliché dans son costume de flic alcoolique et désabusé pour porter le roman.

Il y a néanmoins de belles réussites, l’auteur arrive notamment à travers l’intrigue policière à dépeindre avec justesse une Amérique fragile, où règnent le mensonge, la corruption et la délation, où la religion est fanatique et où les banques laissent leurs clients s’endetter plus que de raison.

En résumé, le roman vaut le coup pour l’intrigue bien trouvée et plutôt bien menée, mais le style très descriptif de l’auteur et l’atmosphère excessivement mélancolique freinent le rythme et peuvent conduire à l’ennui.

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