Sarah, J.T. Leroy (10/18)

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Ce roman est le premier livre de J.T. Leroy, paru en 2001. Ce titre et aussi le suivant, Le Livre de Jérémie, adapté au cinéma par Asia Argento, ont mis sur le devant de la scène un auteur aussi surprenant par son style que par son look et son histoire personnelle. Transsexuelle, ayant vécu dans la rue, elle se présentait toujours en costard avec une chevelure blonde platine et des lunettes de soleil. Mais quelques années plus tard, la vérité éclate au grand jour, Jérémy T. Leroy s’appelle en fait Laura Albert et c’est sa belle-sœur qui joue le rôle de Jérémy devant les médias. Pour Laura Albert, Jérémy n’est autre que son alter ego masculin, un double imaginaire qui l’a sauvé de sa détresse.

Le roman raconte l’histoire d’un jeune adolescent qui veut devenir, comme sa mère, la meilleure des « gagneuses » de parkings. Il vole les vêtements de sa mère et commence sa « carrière » sous l’œil attentif de Glad, le plus respecté des souteneurs. Jusqu’au jour où celui qui va se faire appeler Sarah fera la rencontre de Le Loup et entrera dans un univers encore plus sordide.

Comme l’indique le synopsis, le livre est très glauque. L’auteur ne précise pas l’âge de Sarah, laissant planer le doute, et le trouble. Trouble renforcé par les paroles et réflexions parfois presque enfantines de Sarah, narrateur du récit. Malgré une histoire sordide, on est surpris de trouver de la tendresse et de la compassion dans ce roman. Le héros vit avec sa mère (ce que l’on apprend après quelques pages). Une mère très absente du roman et de la vie de son enfant. Sarah cherche désespérément l’attention et l’amour de celle-ci. L’auteur décrit, de façon surprenante, dans les premières pages, à travers la présentation de Glad et de ses prostituées, un univers pas loin d’être rassurant. Les personnages sont atypiques et haut en couleur. Lorsque Sarah quitte ce territoire et rencontre Le Loup et son équipe, elle sombre dans un monde plus hostile. Mais une fois encore, l’auteur évite le sensationnalisme, il ne va pas au bout du sordide et décrit une ambiance burlesque, absurde, presque fantasmagorique. Tout est malsain, vulgaire, criard, mais de façon si exagérée qu’on se place au-delà du réel, au-delà du plausible, ce qui permet de lire un récit qui, raconté différemment, mettrait le lecteur bien plus mal à l’aise. Certaines scènes, notamment celles où Sarah joue son rôle de sainte aux pouvoirs magiques, relèvent tellement de l’absurde qu’elles nous éloignent de ces parkings sales, sur lesquels se déroulent les scènes les plus atroces. La plume de l’auteur, ses descriptions, et ses dialogues se placent au même degré.

Il n’en reste pas moins que le roman est très dur, donne souvent la nausée et laisse après lecture un goût amer.

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