Wake up America : 1940-1960, Nate Powell, Andrew Aydin, John Lewis (Rue de Sèvres)

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Nous sommes le 20 janvier 2009 et Barack Obama s’apprête à prononcer son discours d’investiture. Le député John Lewis se prépare pour assister à l’événement au côté de sa sœur Rosa lorsqu’il est interrompu par une femme accompagnée de ses deux enfants. Celle-ci, très émue par cette rencontre, souhaite faire connaître à ses deux fils l’histoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis, en leur présentant l’une des figures emblématiques de la lutte.

John Lewis se lance alors dans le récit de sa vie, de son enfance dans les années 1940, en Alabama, jusqu’aux premiers sit-in organisés dans les centres-commerciaux, qui refusent à cette époque que les Noirs utilisent les cabines d’essayage et soient servis aux comptoirs des restaurants.

Grâce aux flashbacks, on découvre que, déjà enfant, John Lewis était porté par des valeurs humanistes, qui le poussèrent dans un premier temps à des études pour devenir pasteur. Durant l’été 1951, son oncle Otis lui permet de visiter le nord du pays pour la première fois. Le choc est énorme pour le jeune garçon habitué depuis toujours à subir la ségrégation. À son retour, les différences de traitement des Noirs et des Blancs lui sont davantage intolérables. De nombreuses affaires dont celle de Rosa Parks, qui fut arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à un passager blanc dans un bus, renforcent sa volonté de lutter contre les inégalités. Il se mêle alors aux premiers boycotts et parvient à rencontrer Martin Luther King. Plus tard, il se joindra à un groupe non-violent. La scène décrivant les cours de non-violence est certainement la plus réussie de ce roman graphique, les provocations dans les mises en situation sont si terribles que le contrôle dont font part les élèves force le respect et l’admiration. L’organisation des sit-in est progressive et le mouvement prendra une telle ampleur que les comptoires seront finalement rendus mixtes.

Le récit a un côté très didactique dans la mesure où les faits sont rapportés de façon chronologique, sans sentimentalisme ni manichéisme. La narration pourrait même être froide si toute la force des émotions n’était pas aussi bien rendue par un dessin noir et blanc, réaliste et précis. Les cases sont irrégulières, les plans variés, la mise en scène soignée, ce qui donne du relief à ce roman graphique et rend l’intrigue vivante. L’auteur alterne entre les flashbacks et le temps présent sans jamais perdre son lecteur.

Certaines cases font grincer des dents. La lecture est dure parce que tout cela est vrai et pas si lointain. C’est une œuvre utile, presque un documentaire sur une époque, sur l’importance de la lutte, sur la non-violence, la tolérance, la solidarité et la volonté.

La série est prévue en trois tomes et j’attends la suite avec impatience !

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