Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines, William S. Burroughs et Jack Kerouac (Folio)

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Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leur piscine est le premier roman de Kerouac, bien avant La Route, et de Burroughs, à qui l’on doit notamment Le Festin nu. Écrit à quatre mains, le livre alterne les chapitres racontés par Will Dennison (et écrits par William S. Burroughs) et ceux racontés par Mike Ryko (Jack Kerouac).

Nous sommes à Manhattan dans les années 1940. Will est serveur dans un bar, mais aussi employé dans une agence de détective. Mike est marin dans la Marchande. Ils sont entourés d’amis qui, comme eux, mènent une vie de bohème, successions de soirées, de petits boulots suffisants pour leur permettre de vivre au jour le jour. Philip et Al font partie de la bande :  Phil a dix-sept ans et une beauté insolente ; Ramsay Allen, dit Al, est éperdument amoureux de lui et ne se décourage jamais de ses refus. Lassé de ses tentatives et souhaitant partir à l’aventure, Phil accepte la proposition de Mike d’embarquer le plus vite possible vers la France. Mais leur désinvolture ne cesse de retarder le voyage.

En réalité, l’essentiel de l’intrigue ne repose pas sur ce bref résumé, mais la suite sera à découvrir… C’est en tout cas dans ces conditions, avec la seule lecture de la quatrième de couverture, que j’ai abordé le roman. Les thèmes chers à ce qui deviendra par la suite la Beat Generation sont déjà présents : errance, rêve d’aventure, alcool, et surtout liberté. Mais l’écriture est jeune, moins travaillée qu’elle ne le sera par la suite, il ne se passe finalement pas grand-chose avant les toutes dernières pages. Les allers-retours incessants au port et les échecs dus à la légéreté des personnages finissent par être lassants.

La postface de James W. Grauerholz est tout à fait intéressante, voire indispensable à la compréhension de la genèse de ce roman et de sa réception. On en regretterait presque qu’il ne s’agisse pas d’une préface, car les éléments révélés placent l’intrigue dans un contexte, un lieu, une époque. On y apprend surtout que les faits sont issus d’une histoire vraie, vécue par les deux auteurs. L’amour que porte l’auteur de ce texte aux protagonistes de l’histoire et notamment à Burroughs se ressent fortement dans la postface. Une fois révélée l’histoire vraie dont est issu l’intrigue, le roman prend une toute nouvelle épaisseur.

Ce roman est un témoignage intéressant d’une époque et d’un courant dont les chefs de file seront Ginsberg, Kerouac et Burroughs, que l’on retrouve derrière des pseudonymes dans ce livre. À lire donc pour son aspect documentaire et sa postface riche en informations, plus que pour son intrigue ou sa qualité littéraire.

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