California Dreamin’, Pénélope Bagieu (Gallimard)

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En 1965, The Mamas & The Papas deviennent célèbres grâce à leur tube California Dreamin’. Si l’on connaît la chanson, on sait généralement peu de chose sur le groupe constitué de John Phillips, Cass Elliot, Denny Doherty et Michelle Phillips. Pénélope Bagieu nous invite à découvrir l’itinéraire de celle qui deviendra la très charismatique Mama Cass.

Ellen Cohen naît et grandit à Baltimore dans une famille modeste. Alors qu’elle n’est qu’une enfant, vivant mal l’arrivée de sa sœur, elle se réfugie dans la boulimie. Son destin voudrait qu’elle reprenne l’épicerie de son père, mais sa passion pour la musique et sa voix extraordinaire la mèneront sur une autre route. Elle quitte donc Baltimore pour tenter sa chance à New York où elle enchaîne les concerts avec ses groupes successifs. Mais son manager est formel, pas de signature dans un label tant qu’elle n’aura pas perdu de poids… La personnalité de Cass Elliott, son optimisme et sa détermination la conduiront malgré tout au succès que l’on connaît.

Plusieurs voix se succèdent pour raconter l’histoire de Mama Cass et de California Dreamin’. Au fur et à mesure, grâce aux témoignages de ceux qui l’ont cotoyée, la personnalité de Cass se dessine et le chemin vers le succès se dévoile. Ce choix narratif donne du rythme au récit et permet de grappiller ça et là divers indices qui, mis bout à bout, offrent un portrait vivant de Cass Elliot. Femme coquette et séductrice, elle semble dépasser les critiques sur son physique. Pas question de changer pour plaire ou signer un disque. Cass s’affirme et s’assume et ça fait du bien à lire ! Déterminée à atteindre ses objectifs, elle est présentée tout au long du livre comme une femme tenace et optimiste. Malgré ses défauts non dissimulés, notamment sa jalousie et sa naïveté, c’est un personnage extrêmement attachant qui se dessine sous le crayon de Pénélope Bagieu.

Parallèlement à l’histoire d’un groupe et d’un tube mondial qui a su dépasser son époque, l’auteur présente les différentes intrigues sentimentales qui ont vu le jour au sein des Mamas & Papas. Pour faire court, Cass aime Denny qui aime Michelle qui aime John… Pas facile à gérer dans un groupe !

Pénélope Bagieu fait ici le choix du noir et blanc et du crayonné. Avec cette technique, on s’éloigne du style de ses précédents albums, son trait devient plus fin, son dessin tout en subtilité et élégance. L’absence de couleurs n’enlève rien au dynamisme de son dessin, qui une fois encore allie humour et émotion. Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire. Beaucoup de sentiments cachés, de blessures ravalées. Grâce à un dessin réaliste et des expressions soignées, on devine toujours, sur le visage si expressif de Cass, des joies intenses ou des peines dissimulées. Certains partis pris de l’auteur dans les choix narratifs dévoilent une grande sensibilité et j’ai été particulièrement touchée par quelques pages qui, malgré une apparente sobriété, sont extrêmement touchantes.

En filigrane se dessine le portrait d’une époque, l’avènement et la disparition de la folk,  la vie en communautés, la consommation excessive de drogue, d’alcool, l’assassinat de JFK…

On referme le livre avec une furieuse envie d’écouter The Mamas & The Papas, signe que l’album est une réussite !

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