D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan (JC Lattès)

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Delphine de Vigan abreuve ce roman d’éléments autobiographiques : la narratrice se prénomme Delphine, son dernier roman dont le sujet principal était sa mère malade a connu un grand succès, son mari, François, est critique littéraire et réalise une série documentaire sur des auteurs américains. L’auteur s’engage par ce pacte autobiographique à parler d’elle. Sur la couverture, il est pourtant écrit « Roman ». C’est sur ce paradoxe entre fiction et réalité que se construit le livre.

Delphine termine la promotion et les séances de dédicace de son dernier livre et peine à se lancer dans l’écriture du prochain. Que dire après ça ? Qu’écrire après un tel succès ? Que raconter quand on a déjà parlé d’un de ses secrets les plus intimes ? Parallèlement à ces angoisses et à ces doutes, des lettres anonymes de menace lui sont envoyées, lui reprochant d’avoir révélé des secrets de famille. De quoi fragiliser la jeune femme.

Durant la même période, Delphine rencontre L. dont elle devient très proche. C’est une relation malsaine qui va se nouer. L. va avoir de plus en plus d’emprise sur Delphine. La description de cette prise progressive de pouvoir, de ce jeu de manipulation est très réussie et m’a fait penser à deux romans qui m’ont marqué pour les mêmes raisons, Respire d’Anne-Sophie Brasme et Antéchrista d’Amélie Nothomb.

L. devient exigeante et intrusive. Elle insiste pour que Delphine se remette à l’écriture, et surtout pour qu’elle écrive sur le réel, qu’elle ne embarrasse plus de la fiction, dont les lecteurs sont lassés, mais qu’elle continue à prendre sa propre vie comme sujet. De façon subtile et sans éveiller le moindre doute chez Delphine, elle l’éloigne de ses proches.

Il est difficile d’en dire plus sur ce roman sans en dévoiler l’intrigue. Il y a beaucoup de mystère autour de L. La narratrice maintient le suspens et glisse aux lecteurs des indices qui donnent une idée des événements à venir. Delphine de Vigan cite en tête de chapitres des extraits de Misery de Stephen King dont on sent clairement l’inspiration.

Contrairement à ce que j’ai pu lire dans beaucoup de critiques, je ne dirai pas que le roman se lit comme un thriller, ni même que le suspens tient en haleine. Ça reste malgré tout un très bon roman sur l’écriture, sur le métier d’auteur, sur la création littéraire, sur le droit d’utiliser le vrai pour servir la fiction, mais aussi sur l’emprise et la folie.

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Une réflexion sur “D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan (JC Lattès)

  1. Je n’ai pas encore lu rien ne s’oppose à la nuit mais je pense que je ne vais pas tarder et lire celui-ci après !

    (et Respire m’avait beaucoup marqué aussi, c’est le seul livre que j’ai lu 2 fois !)

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