Et rien d’autre, James Salter (Points)

salter

Après avoir servi dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, Philip Bowman rentre aux États-Unis. À New York, il trouve un travail dans une maison d’édition, employé d’abord comme lecteur avant de faire ses armes comme éditeur et directeur de collection. Très vite, il rencontre Vivian, fille d’un riche propriétaire terrien en Virginie, et l’épouse. Ce mariage arrivé sûrement un peu trop vite se révèle être un échec. Vivian le quitte, avouant l’évidence : ils n’ont rien en commun. À partir de là Philip Bowman se laisse porter par ses désirs, rencontrant des femmes toujours plus belles, souvent déjà mariées, vivant avec elles des passions toujours plus fortes. On le suit dans sa vie d’éditeur, au cours de dîners mondains, de voyages avec ses liaisons qui se suivent et se ressemblent presque.

Le personnage de Bowman semble flotter à la surface de la vie, se construisant d’heureux souvenirs, sans que rien ne vienne marquer durablement sa vie, si ce n’est peut-être le souvenir de la guerre. Le roman baigne dans une atmosphère mondaine, rien n’est tout à fait sérieux, rien n’est durablement sincère. Les événements qui s’enchaînent ressemblent à des anecdotes auxquelles on ne peut vraiment s’attacher. Il y a certaines longueurs qui ne gâchent rien à l’ambiance générale du roman, une sorte d’évanescence. Des longueurs qui rendent les passages intéressants encore plus précieux. Il s’agit souvent des histoires d’amour de Bowman. L’auteur excelle en effet lorsqu’il s’agit de parler de sensualité, de révéler les commencements de l’amour. Des débuts, il y en a beaucoup. Les fins sont assez floues. Les personnages font leur apparition et disparaissent avec une rapidité déconcertante, à l’image du temps qui passe et qui semble être le vrai sujet de ce roman.

Considéré par beaucoup comme le plus grand styliste des auteurs américains, James Salter a sans conteste une plume remarquable. Cependant, il faut parfois s’accrocher pour le suivre. On peut perdre pied dans cet univers où tout semble éphémère, où les personnages semblent danser un ballet sans fin, où les phrases parfois longues suivent le cours de la pensée. Sous couvert de superficialité et de mondanité permanente, le roman est remarquable par son élégance et par une réflexion lucide sur le temps qui passe et la place des souvenirs.

 

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