California Girls, Simon Liberati, 2016 (Grasset)

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Année 1969, Californie. Dans la nuit du 8 au 9 août 1969, l’actrice et compagne de Roman Polanski, Sharon Tate, alors enceinte, est sauvagement assassinée. Les autres habitants de la villa située au 10050 Cielo Drive subissent le même sort. Les coupables : un garçon et trois filles, tous membres de la secte de Charles Manson.

Nous sommes dans les années 1960, la mode est aux hippies, aux communautés, à l’amour libre et à l’expérimentation de drogues de toutes sortes. La « famille » Manson vit à Spann Ranch, près de Los Angeles. A la tête de cette communauté, il y a Charles Manson, ancien proxénète, déjà condamné, également pour des faits de vol. Aux yeux de ses adeptes, Manson est une réincarnation du Christ. Charismatique et colérique, il a tous les pouvoirs sur sa communauté, principalement constituée de jeunes filles isolées de leur famille et en fuite.

Sous l’influence permanente de drogue, vivant en vas clos, les adeptes de la secte Manson sont complètement sous l’emprise de cet homme. Ce dernier leur annonce un grand bouleversement à venir, le Helter Skelter (en référence à une chanson des Beatles). Une guerre opposant les Blancs et les Noirs est sur le point d’éclater. Les Noirs en ressortiront vainqueurs et viendront chercher Manson pour en faire leur chef. Afin de précipiter la réalisation de la prophétie, Manson veut que sa communauté commette des crimes qui pourront ensuite être mis sur le dos des Black Panthers. Refusant de se salir les mains, Manson guide à distance ces crimes sordides.

Simon Liberati nous plonge dans l’ambiance de l’époque. Il parvient à nous faire ressentir les couleurs, la chaleur de la Californie, la moiteur qui règne dans ce ranch. Il nous présente le mouvement hippie sous un nouvel angle, raconte avec détails le manque d’hygiène, les maladies qui s’échangent et se transmettent. L’auteur ne cherche ni à juger ni à expliquer les événements. Nous sommes plongés dans les trois jours qui précèdent et suivent la nuit de l’assassinat et nous suivons les jeunes filles impliquées dans les crimes. Dépourvues de tout libre arbitre, elles semblent avoir perdu tout sens des responsabilités et toute notion de culpabilité. L’auteur privilégie l’ambiance à l’analyse psychologique. L’écriture est très réaliste. Aucun détail n’est épargné dans la description des crimes et tortures, ce qui donne un roman très noir et qui oblige le lecteur à avoir le cœur bien accroché.

Très documenté, le livre de Simon Liberati reste un roman, car il s’attache à imaginer le point de vue des California girls, leur vie au sein de la communauté, leurs ressentis avant, pendant et après les crimes. Pour autant, les raisons qui poussèrent ces filles à commettre ces crimes restent mystérieuses. En laissant planer ce flou, en refusant de trouver ou inventer des raisons, Simon Liberati se limite aux faits, ce qui accentue plus encore l’horreur et le malaise. Reléguant au second plan l’incarnation du Mal, Chales Manson, l’auteur se penche sur les protagonistes les plus mystérieuses de cette série d’assassinats, dont le plus célèbre demeure celui de Sharon Tate, les « california girls », qui se rendirent ensuite à leur procès en souriant et en chantant.

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