Rage, Stephen King, 1993 (Ed. J’ai lu)

jl3439-1993

Charlie Decker est élève dans le lycée de Placerville, dans le Maine. L’histoire débute quand le lycéen est convoqué dans le bureau du proviseur. Ce dernier veut revenir sur un grave incident lors duquel Charlie a volontairement blessé un de ses professeurs. L’entretien tourne mal, Charlie insulte et provoque le proviseur qui décide de le renvoyer. En sortant de son bureau, le lycéen met le feu à son casier, tue sa professeur de mathématiques et prend en otage toute la classe. Commence alors un huis-clos haletant plus proche d’une psychothérapie de groupe que d’une prise d’otage traditionnelle.

C’est la rage qui conduit Charlie à une telle folie et pour expliquer l’origine de cette colère, il n’hésite pas à se livrer à ses otages. De nombreux flash-back nous plongent dans l’enfance du lycéen et nous font découvrir ses relations difficiles avec son père. A plusieurs reprises, à l’extérieur du lycée, on tente de le raisonner. Charlie s’amuse à humilier tour à tour le proviseur, le psychologue et un agent de police. Le moins que l’on puisse dire est que le lycéen a une répartie incomparable !

Dans la classe, Charlie fait parler ses otages et les invite à se dévoiler, à confesser leurs plus grandes hontes, leurs plus grands secrets. Les lycéens se prêtent au jeu, se livrent sans concession, se mettent complètement à nu pour le plus grand plaisir de Charlie qui mène la danse. Un seul élève refuse de rentrer dans le jeu du preneur d’otages et voit l’ensemble du groupe se tourner contre lui. Charlie réussit à inverser les rôles, à devenir un héros aux yeux de ses propres victimes.

Dans ce roman de Stephen King, il n’y a aucune trace de fantastique ou de surnaturel. Il s’agit plus d’un thriller psychologique avec un angle de vue très original. Finalement, les otages de Charlie semblent contenir la même part de folie, la même « rage », ce qui explique pourquoi ils ne sont ni surpris d’être retenus captifs, ni furieux. Le roman évoque le mal-être adolescent. Le style est parfaitement maîtrisé et les dialogues sont un régal.

En 1999, après une succession de tueries dans des lycées américains et au lendemain de la tuerie de Columbine, King demande à ce que ce roman soit retiré de la vente. En effet, le livre aurait été retrouvé dans la chambre de certains tueurs.

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