Valet de pique, Joyce Carol Oates, 2017 (Philippe Rey)

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Andrew J. Rush est un auteur à succès. Ses romans policiers se vendent à des millions d’exemplaires dans le monde. Écrivain et père de famille comblé, Andrew Rush mène une vie tranquille dans une petite ville du New Jersey. Mais il cache un secret que même sa famille, son agent et son éditeur ignorent. Il écrit sous le pseudonyme du Valet de pique des romans noirs qui rencontrent un certain succès mais choquent par leurs sujets et le style violent et pervers. Andrew veille à ne rien montrer de sa double vie. Jamais il ne pourrait assumer ces récits scabreux, lui que l’on surnomme le « Stephen King du gentleman ». Pourtant, sa double vie est menacée lorsqu’il reçoit une plainte d’une voisine, Mrs Haider qui l’accuse d’avoir plagié ses romans autoédités. Plus tard, c’est sa fille qui tombe sur un roman du Valet de pique et s’étonne des similitudes entre l’histoire et sa propre vie.

Revenant à un format beaucoup plus court que ses derniers romans, Joyce Carol Oates livre un thriller très réussi qui se dévore et se savoure jusqu’à la dernière page. Le suspens est efficace, le style est fluide et l’intrigue passionnante. L’auteur anticipe les critiques qui la renverraient à des similitudes avec l’œuvre de Stephen King. Elle ne se cache pas de l’admiration qu’elle porte à l’écrivain qu’elle cite à de nombreuses reprises dans le roman. On ne peut s’empêcher de penser au roman Misery de King à la lecture de Valet de pique. L’intrigue est différente mais l’on retrouve la folie, la réflexion sur le métier d’écrivain et la frontière très faible entre un écrivain et son œuvre.

Comme à son habitude, Oates excelle dans la description de la folie. Andrew J. Rush qui avait jusqu’à présent préserver une double vie grâce à une stratégie minutieuse voit son monde déraper. Le Valet de pique, qu’il a lui-même crée, semble prendre possession de sa vie. On ne peut s’empêcher d’y voir un clin d’œil à Joyce Carol Oates elle-même qui a écrit de nombreux romans sous pseudonymes (pour le coup assumés).

Ce thriller est également l’occasion pour l’auteur d’évoquer le métier d’écrivain et surtout à travers les nombreuses références de citer les auteurs qu’elle admire et dont on ne peut douter qu’ils ont influencé son œuvre.

Sans être le meilleur roman ni le plus abouti de la bibliographie de Joyce Carol Oates, Valet de pique est un excellent thriller captivant et dont on reconnaît le style si familier et agréable de l’auteur.

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