Vernon Subutex 3, Virginie Despentes, 2017 (Grasset)

Vernon-Subutex

Vernon Subutex revient dans un troisième tome. Après l’avoir découvert disquaire dans le tome 1 puis SDF et enfin gourou mystique dans le tome 2, les lecteurs avaient hâte de découvrir la suite de ses aventures.

Lorsque l’on retrouve Vernon Subutex et sa bande, tout semble aller pour le mieux. Vernon est toujours DJ et chaman lors de grands rassemblements nommés « convergences ». Pendant que Subutex mixe, les gens dansent, entrent en transe, communient. Ces soirées connaissent un petit succès et consolident les liens entre Vernon Subutex et sa bande : La Hyène, Pamela, Kiko et les autres. La rupture intervient lorsqu’on leur annonce la mort d’un des leurs et l’héritage qui en découlent. Subutex se méfie de ce cadeau dont il sait qu’il viendra bouleverser leur petite vie tranquille. Mais une menace plus grande pèse sur le roman. Dopalet cherche à se venger…

Dans ce troisième tome, la violence et la rage sont toujours présentes. La mélancolie se fait davantage ressentir et l’humour est un peu moins présent. Depuis les deux derniers opus, Despentes a assisté à de nombreux bouleversements qui tiennent une place importante dans son récit : attentats, crise des migrants. Comme toujours, l’auteur fait entrer son récit dans la réalité. Subutex et sa bande ont vécu les attentats du 13 novembre, de loin, mais ont tous à leur façon été bouleversés. C’est tout le pays qui a changé : les gens qui ont peur en allant à un concert, qui ont l’impression de braver le danger en prenant un verre en terrasse. On ressent l’impact de ce choc dans l’écriture de Virginie Despentes. Voilà une violence qui dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Ce troisième tome est également plus politique. On y parle de Nuit debout, on lit avec plaisir les discours enflammés d’Olga !

Quant à l’intrigue, elle est toujours aussi riche. Despentes évoque à de nombreuses reprises la mode des séries. On sait déjà que cette trilogie de romans sera adaptée pour la télévision. L’écriture de Virginie Despentes s’y prête parfaitement. Les personnages sont si bien décrits et si crédibles qu’on les imagine très bien prendre vie devant l’écran. L’histoire quant à elle tient en haleine. L’auteur maîtrise chacun de ses sujets : la religion, l’amour, le coup de foudre, la honte, la culpabilité, le doute,…

À la violence des mots et de certaines scènes très dures (dans lesquelles l’auteur excelle comme en témoignent ses premiers romans) s’oppose la sérénité inébranlable qui surgit lorsque tout le clan est réuni. La bienveillance dont sont capables la plupart de ces personnages hauts en couleur.

Avec ce troisième tome, Despentes nous fait retrouver des personnages que l’on prend désormais pour de vieux amis. Elle clôt également une riche fresque sociale. Son regard lucide et sans concession nous offre un portrait amer mais réaliste de notre société et de ses bouleversements.

 

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