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Hortense, Jacques Expert, 2016 (Sonatine)

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Sophie Delalande mène une vie qu’elle pourrait qualifier elle-même d’insignifiante jusqu’à sa rencontre avec Sylvain, un homme très beau au charme magnétique. Flattée de plaire à un tel homme, Sophie ne se rend pas immédiatement compte qu’il profite d’elle et qu’elle est la victime d’un pervers narcissique. Lorsqu’elle lui annonce sa grossesse, Sylvain prend la fuite.

Sophie élève donc seule sa fille, Hortense. Elle se complaît dans cette relation exclusive, n’a pas d’amis, doit se forcer à maintenir un lien avec sa famille. Hortense est tout pour elle.

Un soir, Sylvain se rend chez Sophie, l’agresse et kidnappe Hortense, alors âgée de trois ans. Sophie est détruite. Elle s’éloigne de sa famille, tout aussi bouleversée par cette disparition. Elle accepte cependant l’aide de certains collègues, réunis en comité de soutien, qui lui conseillent de témoigner de son histoire à la télé. Mais pour l’aider, il y a surtout Isabelle, sa seule amie, qui la soutient depuis les premières menaces de Sylvain.

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C’est beau une ville la nuit, Richard Bohringer, 1990 (Folio)

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C’est beau une ville la nuit est un long poème en prose ponctué de paroles de chansons, de confessions, de cris du cœur. Richard Bohringer se raconte dans un récit sans linéarité, comme pour coller à une vie faite d’errance. Impossible de ne pas entendre la voix si particulière de l’acteur à la lecture de ses mots. Une voix et un style que l’on devine façonnés par les coups durs de la vie, une enfance sans parents, une rupture amoureuse, l’alcool, l’héroïne, les amis perdus. Richard Bohringer écrit comme il parle, sans fioritures, en toute franchise. On devine derrière les coups de gueule un cœur trop sensible, une personnalité à vif. Le style est saccadé, musical, comme du slam avant l’heure.

Richard Bohringer porte un regard touchant et empathique sur le monde et les hommes.

« Écrire relève de l’espérance. Tu mets la virgule là où tu veux que ça freine et le point là où tu veux que ça s’arrête. Quand tu veux laisser ton idée faire son chemin sans toi, tu rajoutes quelques points. Quand tu t’étonnes, tu peux t’exclamer, c’est pas obligé. Et puis le reste, tu laisses à ceux qui veulent tout expliquer. »

 « Vie je te veux. Je t’ai toujours voulue. J’avais pas le mode d’emploi. C’est pour ça que j’ai tant attendu. Pour te dire combien je t’aime. Comme si t’avais toujours eu ta place dans mon horizon. Mais comment faire pour t’aimer ? Vraiment t’aimer. »

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Nymphéas noirs, Michel Bussi, 2013 (Pocket)

9782258088269

Dès le début du roman, le lecteur est averti : deux des trois personnages féminins que nous allons rencontrer vont mourir. Le premier drame qui touche Giverny est pourtant l’assassinat de Jérôme Morval. Ce Normand était un amateur d’art et de femmes. Ses relations avec des marchants de tableaux et ses liaisons extraconjugales sont les premières pistes qui s’imposent à l’inspecteur Sérénac, fraîchement débarqué dans la région, et son adjoint Bénavides.

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Nana, Emile Zola, 1880

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Dans ce neuvième tome des Rougon-Macquart, nous retrouvons Nana, rencontrée dans le tome précédent, L’Assommoir. C’est dans ce roman que le lecteur avait vu grandir la fille de Gervaise. Témoin de la déchéance et des mœurs dissolus de ses parents, Nana est une petite fille vagabonde et vicieuse.

Lorsque l’on retrouve Nana dans cet opus, elle est sur la scène du théâtre des Variétés et fait sensation dans le rôle de La Blonde Vénus. La jeune femme est pourtant dépourvue de talent, mais son charme, son audace et son attitude provocante ne laissent aucun homme indifférent. Dans son bel appartement, offert par un amant russe, défilent ses admirateurs, ses amants et ses créantiers. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de son jeune fils, Louiset, né de père inconnu, Nana se livre à la prostitution. Elle organise également des soirées où se mêlent des filles légères, des acteurs et ses nombreux prétendants. Un de ces hommes, le banquier Steiner, lui offre une maison à la campagne. Nana s’y rend et entreprend une liaison avec le jeune Georges Hugon, tout en poursuivant sa liaison avec le comte Muffat.

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Sans télé, on ressent davantage le froid, Titiou Lecoq, 2014 (Fayard)

9782213678672-X

Titiou Lecoq est journaliste. Elle travaille notamment pour le magazine en ligne, Slate. Elle tient également un blog Girlsandgeeks.com, dans lequel elle relate avec beaucoup d’humour et de second degré des tranches de vie.

Sans télé, on ressent davantage le froid réunit quelques-uns de ses billets de blog (parfois retouchés pour l’occasion). La première page de ce journal intime 2.0 naît d’une rupture amoureuse. L’occasion pour l’auteur d’évoquer sa vision de l’amour. À travers sa propre expérience, elle offre une analyse assez juste de l’amour chez la génération Y.

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Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan (Le livre de poche)

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À première vue, le style de Delphine de Vigan n’a rien d’exceptionnel, même si l’écriture est maîtrisée et le ton est juste. Pourtant, au fil des pages, on est bouleversé par ce récit dont le sujet principal est la mère de l’auteur. Évidemment, l’histoire (vraie) de sa famille et de ses drames pourrait suffire à provoquer l’émotion. Mais si l’auteur a su conquérir le cœur du lectorat français, c’est aussi et surtout grâce à son écriture qui, sans s’en donner l’air, est d’une grande intensité. Il est difficile d’expliquer ces deux ressentis : ce sentiment d’une écriture presque banale et l’intensité du récit, le choc même au fil de la lecture. Cela est peut-être dû à un autre paradoxe : la pudeur de l’auteur qui pourtant ne nous cache rien de sa famille. Pour y parvenir, Delphine de Vigan ruse. Dans la première partie, elle raconte l’enfance de sa mère à travers un regard de narrateur totalement extérieur, puisqu’il ne peut en être autrement. Grâce à la troisième personne du singulier, l’auteur se met à distance de son sujet. Dans les parties qui suivent, c’est à travers un regard d’enquêtrice que Delphine de Vigan retrace la vie de sa mère. L’auteur a enquêté auprès de ceux qui l’ont cotoyée : ses frères et sœurs, son autre fille. Elle a recueilli des lettres, des journaux intimes, des cassettes enregistrées par son grand-père, Georges. Tout cela lui permet de dérouler le fil de la vie de sa mère tout en maintenant une distance qui semble indispensable pour lui permettre d’écrire ce livre mais surtout pour tenir le coup lors de cette entreprise qui se révèle douloureuse et traumatisante.

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Une page d’amour, Emile Zola

 

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Hélène Mouret se retrouve veuve alors même qu’elle vient de quitter Marseille pour s’installer à Paris avec son mari. La voici donc avec un héritage confortable et une enfant de douze ans, Jeanne, chétive et malade. Sa fille est tout pour elle et leur amour est fusionnel. Elles vivent presque totalement recluses dans leur appartement et n’ont pour seule compagnie que leur bonne Rosalie et leurs amis Monsieur Rambaud et l’abbé Jouve.

Un jour, Jeanne est prise d’une crise violente. Désemparée et ne pouvant trouver le médecin habituel, Hélène tape à une porte et tombe par le plus grand des hasards sur le docteur Deberbe. Ce dernier sauve la fille et s’éprend de la mère, qui elle-même est troublée par cet homme. Ce n’est que le jour suivant, alors qu’elle souhaite le remercier qu’elle découvre qu’il est marié et père de famille. Juliette Deberbe, son épouse, devient son amie et l’invite à ses nombreuses réceptions.

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