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La symphonie du hasard (Livre 2), Douglas Kennedy, 2018 (Belfond)

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Dans le tome précédent, nous quittions Alice Burns alors qu’elle faisait ses valises pour Dublin, pour intégrer l’université de Trinity. Fraîchement séparée de son petit-ami, chamboulée par le rôle joué par des membres de sa famille à Cuba, la jeune femme prend la décision de mettre un océan entre elle et les siens. Nous sommes en 1974 lorsqu’Alice arrive à Dublin. L’Irlande est alors en pleine période de troubles. Si le conflit se déroule principalement au nord du pays, l’atmosphère est pesante sur tout le territoire et certains sujets demeurent tabous.

Les premiers pas d’Alice ne lui donnent pas une bonne image de l’Irlande. L’accueil des Irlandais la déstabilise, à commencer par celui réservé par sa logeuse Mme Brennan, vieille bigote très stricte. Mais Alice est débrouillarde et ne tarde pas à faire les bonnes rencontres qui lui permettent d’apprécier peu à peu sa nouvelle vie. Parmi ces rencontres, il y a Ciarian, un jeune homme originaire de Belfast avec lequel elle partage une passion pour la littérature. Alors qu’elle prend tout juste ses marques dans son nouvel environnement, un fantôme de son passé resurgit, la ramenant des années en arrière et la replongeant dans les déboires de sa famille…

Il ressort beaucoup de frustrations à la lecture de ce second tome comme cela était déjà le cas pour le premier. Douglas Kennedy réussit à provoquer un sentiment très fort d’attachement à son héroïne, ainsi qu’aux personnages secondaires. Son intrigue reste bien menée et, malgré quelques longueurs, on est pris tout le long dans cette lecture. À nouveau, il est intéressant de découvrir la grande histoire à travers la vie d’Alice et celle de ses proches. On quitte cette fois l’histoire américaine, très peu abordée, si ce n’est quelques allusions au Watergate, et on entre davantage dans l’histoire de Cuba avant et après le coup d’État et dans le conflit irlandais. Cependant, là encore, Douglas Kennedy se laisse aller à des facilités d’écriture surprenantes pour un auteur de son expérience. Systématiquement, lorsqu’Alice fait une nouvelle rencontre, à peine les premiers mots ou regards échangés, elle devine le type de relations qui va en découler. Au-delà de l’aspect peu réaliste d’une telle perspicacité, cela ne laisse aucun suspens quant à la suite des événements et donne des scènes très attendues.

La fin de ce tome est particulièrement bien menée et donne envie à nouveau de se laisser tenter par le prochain tome en pardonnant à l’auteur ses défauts d’écriture.

« La symphonie du hasard. Tout ce qui m’arrivait était-il simplement
le fruit des circonstances, ou avais-je, par le biais de mes choix et de mes actions,
un certain degré d’incidence sur le cours des choses ? »

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La symphonie du hasard (Livre 1), Douglas Kennedy, 2018 (Belfond)

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A New York, Alice Burns, éditrice, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam en prison. Ce dernier lui révèle un lourd secret de famille qui va la faire replonger dans ses souvenirs d’adolescence et ses premières années de fac. L’occasion pour le lecteur de faire connaissance avec l’héroïne de ce premier tome et avec sa famille mais également de plonger dans l’Amérique des années 1960-1970 : réélection de Nixon, coup d’état au Chili, homophobie, racisme, mouvement hippie,…

Alice grandit dans une famille de classe moyenne de banlieue. Ses parents sont au bord de la rupture. Très proche de son père, Alice va peu à peu ouvrir les yeux sur ses secrets et mensonges. Sa relation avec sa mère est plus conflictuelle. Elle a également deux frères, Adam sportif star du lycée avant son accident de voiture et Peter dont elle est très proche. On suit Alice au lycée avec ses amis marginaux et victimes de harcèlement, puis à l’université de Bodwoin, dans le Maine, où elle se sent plus libre, où les gens qu’elle rencontre sont aussi ouverts d’esprit qu’elle. Elle croise alors la route de deux hommes qui vont avoir une grande importance dans sa vie : son petit ami Bob et le professeur Hancock. Plus tard, le coup d’état au Chili va avoir une réelle répercussion dans la vie d’Alice.

Dans ce roman, Douglas Kennedy aborde de nombreux sujets, mêlant la grande histoire à une intrigue pour une grande part inspirée de sa propre vie. Les nombreuses références musicales, culturelles et historiques ancrent le récit dans les années soixante/soixante-dix. L’époque et les thèmes traités font penser à du Philip Roth mais la comparaison ne saurait aller plus loin. Là où Philip Roth dissèque et pose un regard à la fois lucide et cynique, Douglas Kennedy effleure chacun de ses sujets qui ne servent que de contexte à son histoire et à sa fresque romanesque. Pour autant, l’auteur réussit à retranscrire les pensées d’une jeune adolescente. On croit à ce personnage et à ses émotions. Souvent un peu naïve, on sent qu’Alice apprend peu à peu de ces expériences. Ce roman est plus ambitieux que les précédents titres de l’auteur. Il ne joue pas sur ses codes habituels. Peut-être parce qu’il est aussi son roman le plus personnel.

Malgré quelques facilités d’écriture, c’est une lecture agréable, qui donne envie de découvrir les prochains tomes (le livre 2 est déjà en librairie).

 

« Toutes les familles sont des sociétés secrètes.
Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées. »

 

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Carthage, Joyce Carol Oates, 2015 (Philippe Rey)

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Dans la famille Mayfield, il y a Zeno, le père, ancien maire estimé de tous, sa femme Arlette engagée dans des œuvres de charité et leurs deux filles. Juliet est la jolie, Cressida l’intelligente. Cette dernière, hors norme, cynique, dérange et déstabilise même ses proches. Un soir, Cressida disparaît. Son sang est retrouvé dans la jeep de Brett Kincaid, l’ancien fiancé de sa sœur, de retour d’Irak, blessé et défiguré. Des témoins jurent avoir vu Cressida dans un bar avec Brett le soir de sa disparition.

Dans ce roman, Joyce Carol Oates retrouve ses thèmes de prédilection : l’adolescence, la famille, la blessure, l’humiliation et le mystère. Ce roman est aussi l’occasion pour elle d’évoquer l’Amérique post-11-Septembre : la guerre en Irak et le retour difficile de ces héros traumatisés et laissés pour compte.

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La réserve, Russel Banks, 2008 (Actes Sud)

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En 1936, autour du lac des Adirondacs, une fête est donnée par le célèbre docteur Cole et son épouse. Ces New Yorkais richissimes, qui fréquentent des gens du même standing, profitent de leur luxueux chalet perdu dans un îlot de paradis. Le peintre Jordan Groves, célèbre pour son art, ses voyages, ses liaisons extraconjugales et sa réputation sulfureuse de communiste, est invité à la soirée et rencontre à cette occasion Vanessa, la fille du docteur Cole, captivante, mystèrieuse et surtout complètement névrosée. Cette rencontre bouleverse le peintre, marié et père de deux enfants qui, s’il est habitué aux histoires d’un soir, sent que cette femme pourrait remettre en cause l’équilibre de son couple.

La mort du docteur Cole va venir bouleverser ce petit monde en apparence si tranquille. Les secrets les plus enfouis seront déterrés, la personnalité de chacun se révèlera au grand jour. Alors que Jordan Groves tente de résister à la tentation, il découvre que sa femme Alicia mène elle aussi une double vie.

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Les Revenants, Laura Kasischke (Le Livre de poche)

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Nicole Werner est une élève brillante, une des plus belles filles du campus et membre de la sororité Omega Thêta Tau. Elle meurt brutalement dans un accident de voiture alors que son petit-ami Craig Clements-Rabbit, qui sortira indemne de l’accident, est au volant. À la surprise générale, Craig revient sur le campus l’année suivante et retrouve son ex-compagnon de chambre Perry, lui aussi très proche de Nicole avec laquelle il a partagé toute sa scolarité. Ce dernier s’inscrit dans le cours de Mira Polson consacré à la mort et lui fait part de ses doutes au sujet du décès de Nicole. Pour la jeune professeure, maman débordée de deux jumeaux et qui doit faire face à une grosse crise conjugale, l’occasion se présente alors de rédiger enfin sa publication nécessaire à son maintien à l’université. De son côté, Shelly Lockes, professeur de musique et unique témoin de l’accident, conteste la version officielle et cherche dans une lutte désespérée à faire entendre sa voix.

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