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Frappe-toi le cœur, Amélie Nothomb, 2017 (Albin Michel)

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Marie est très jolie et elle le sait. Ce qui la rend heureuse, c’est de voir tous les regards tournés vers elle, l’envie et la jalousie qu’elle suscite. À 20 ans, Marie se marie et devient très vite mère. Sa fille Diane est une merveille. Marie comprend que désormais c’est sa fille qui va attirer tous les regards. Elle est folle de jalousie. Diane grandit donc sans l’amour maternel. Petite fille vive et intelligente, elle a très vite conscience de ce rejet et cherche à en trouver la cause. Quand son frère naît, en découvrant que sa mère l’aime, elle arrive à la conclusion que c’est parce qu’elle est une fille que sa mère la rejette. Mais quand la petite dernière voit le jour, rendant folle d’amour la mère, Diane ne comprend plus rien…
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Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, 2016 (Sarbacane)

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Ce roman de Clémentine Beauvais est totalement atypique. Il s’agit d’une véritable prise de risque de la part de l’auteur, qui ne fait pas dans la facilité en choisissant d’adapter Eugène Onéguine, roman en vers d’Alexandre Pouchkine, datant de 1831. Le risque est encore plus grand de proposer un roman en vers libre et de jouer autant sur la mise en pages et la typographie. Pourtant, l’auteur réussit ce pari haut la main !

L’histoire est celle de Lensky, Olga, Tatiana et Eugène et de leur découverte de la passion amoureuse. Lensky aime Olga à la folie. Son meilleur ami Eugène est un adolescent désabusé. La petite sœur d’Olga, Tatiana est malgré tout séduite par ce garçon à l’assurance déconcertante. Leur histoire ne dure pas : tout d’abord à cause du caractère d’Eugène et de son pessimisme mais surtout à cause d’un drame qui vient bouleverser la vie de ces adolescents.

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C’est beau une ville la nuit, Richard Bohringer, 1990 (Folio)

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C’est beau une ville la nuit est un long poème en prose ponctué de paroles de chansons, de confessions, de cris du cœur. Richard Bohringer se raconte dans un récit sans linéarité, comme pour coller à une vie faite d’errance. Impossible de ne pas entendre la voix si particulière de l’acteur à la lecture de ses mots. Une voix et un style que l’on devine façonnés par les coups durs de la vie, une enfance sans parents, une rupture amoureuse, l’alcool, l’héroïne, les amis perdus. Richard Bohringer écrit comme il parle, sans fioritures, en toute franchise. On devine derrière les coups de gueule un cœur trop sensible, une personnalité à vif. Le style est saccadé, musical, comme du slam avant l’heure.

Richard Bohringer porte un regard touchant et empathique sur le monde et les hommes.

« Écrire relève de l’espérance. Tu mets la virgule là où tu veux que ça freine et le point là où tu veux que ça s’arrête. Quand tu veux laisser ton idée faire son chemin sans toi, tu rajoutes quelques points. Quand tu t’étonnes, tu peux t’exclamer, c’est pas obligé. Et puis le reste, tu laisses à ceux qui veulent tout expliquer. »

 « Vie je te veux. Je t’ai toujours voulue. J’avais pas le mode d’emploi. C’est pour ça que j’ai tant attendu. Pour te dire combien je t’aime. Comme si t’avais toujours eu ta place dans mon horizon. Mais comment faire pour t’aimer ? Vraiment t’aimer. »

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Une page d’amour, Emile Zola

 

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Hélène Mouret se retrouve veuve alors même qu’elle vient de quitter Marseille pour s’installer à Paris avec son mari. La voici donc avec un héritage confortable et une enfant de douze ans, Jeanne, chétive et malade. Sa fille est tout pour elle et leur amour est fusionnel. Elles vivent presque totalement recluses dans leur appartement et n’ont pour seule compagnie que leur bonne Rosalie et leurs amis Monsieur Rambaud et l’abbé Jouve.

Un jour, Jeanne est prise d’une crise violente. Désemparée et ne pouvant trouver le médecin habituel, Hélène tape à une porte et tombe par le plus grand des hasards sur le docteur Deberbe. Ce dernier sauve la fille et s’éprend de la mère, qui elle-même est troublée par cet homme. Ce n’est que le jour suivant, alors qu’elle souhaite le remercier qu’elle découvre qu’il est marié et père de famille. Juliette Deberbe, son épouse, devient son amie et l’invite à ses nombreuses réceptions.

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Et rien d’autre, James Salter (Points)

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Après avoir servi dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, Philip Bowman rentre aux États-Unis. À New York, il trouve un travail dans une maison d’édition, employé d’abord comme lecteur avant de faire ses armes comme éditeur et directeur de collection. Très vite, il rencontre Vivian, fille d’un riche propriétaire terrien en Virginie, et l’épouse. Ce mariage arrivé sûrement un peu trop vite se révèle être un échec. Vivian le quitte, avouant l’évidence : ils n’ont rien en commun. À partir de là Philip Bowman se laisse porter par ses désirs, rencontrant des femmes toujours plus belles, souvent déjà mariées, vivant avec elles des passions toujours plus fortes. On le suit dans sa vie d’éditeur, au cours de dîners mondains, de voyages avec ses liaisons qui se suivent et se ressemblent presque.

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