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Le bruit et la fureur, William Faulkner, 1929 (Folio)

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« La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur

Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène

Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire

Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,

Et qui ne signifie rien. »

Le titre du roman de William Faulkner s’inspire de cette tirade de MacBeth. Le premier narrateur de ce roman est en effet un idiot, comme on disait alors. Faire un résumé de ce livre est très complexe. L’auteur propose un roman déconstruit : quatre chapitres avec quatre narrateurs différents, des flash-backs, des styles narratifs différents, des variations typographiques. Tout est là pour perdre le lecteur, les monologues intérieurs s’enchaînent, des personnages partagent le même prénom.

L’histoire se déroule dans le sud des États-Unis dans les années 1920. L’auteur nous présente la famille Compson : le père Jason, la mère Caroline et les enfants, Quentin, Candace (dite Caddy), Jason et Maury. Maury est attardé mental. Il porte le même nom que son oncle, le frère de Caroline. Pour ne pas porter préjudice à son oncle, on le surnomme Benjamin (ou Ben ou Benjy). Le personnage principal du roman n’est aucun des quatre narrateurs successifs. La discrète Candace porte sur ses épaules la chute de sa famille. La jeune fille tombe enceinte d’un amant de passage. Pour arranger la situation, on lui trouve un mari. Ce mariage va être à l’origine de nombreux drames au sein de la famille Compson.

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Les aventures de Tom Sawyer – Marc Twain

Il est difficile d’écrire sur l’horreur de ces derniers jours. Il l’est encore plus de faire comme si rien ne s’était passé. Certains et certaines, talentueux et talentueuses, en ont très bien parlé, par leurs mots, par leurs dessins. Il restera aussi de ces drames, le souvenir d’hommages poignants d’une société touchée dans ses valeurs les plus profondes. Peur que la liberté, que nous pensions acquise, s’évanouisse. Peur que la fraternité, secouée depuis déjà bien trop de temps, ne soit plus qu’un mot. Mais comme les marches d’aujourd’hui l’ont prouvé, not afraid. Nous nous relèverons plus fort, et lorsque les crayons auront fini de pleurer, ils nous donneront encore à rire, à pleurer, à grogner, à nous scandaliser. Parce qu’ils en ont le droit et que l’humour est la meilleure des armes. Je suis Charlie, je suis juif, je suis flic et je suis musulman.

Et puisqu’il faut continuer à vivre, plus fort et plus intensément encore ; puisqu’il faut continuer à espérer, à avoir des rêves, alors continuons à lire.

Les aventures de Tom Sawyer – Marc Twain

(édition électronique ; Ebooks libres et gratuits)

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Enfant, j’adorais le dessin animé Tom Sawyer, c’est donc déjà fortement imprégnée d’un imaginaire bien précis que je suis entrée dans ce roman de Marc Twain, écrit en 1876. Tom vit chez sa tante Polly avec son frère Sid et sa cousine Mary. Sa tante a bien du mal à élever le jeune garçon qui fait l’école buissonnière, a des fréquentations peu recommandables et manipule ses petits camarades pour arriver à ses fins. Malgré ce triste portrait, Tom Sawyer est surtout attachant, car il est généreux, courageux et malicieux. On le suit avec plaisir dans ses nombreuses aventures. Il s’en passe des choses dans la petite bourgade de Saint-Petersburg, au bord du Mississipi. Avec ses amis Joe Harper et surtout le tout aussi célèbre Huckleberry Finn, Tom Sawyer s’invente des vies palpitantes pour échapper à la routine de l’école et de l’église. Autre remède à l’ennui, l’amour au côté de la jeune Becky, au caractère bien trempé. Les deux enfants se cherchent, se courent après, se détestent, et se provoquent. Mais au-delà des histoires qu’ils s’inventent, les enfants vont être les témoins d’aventures bien plus terrifiantes encore, qui les obligeront à prendre des décisions et à se montrer courageux et loyaux.

Marc Twain décrit une Amérique puritaine, où règnent la morale conservatrice et la religion. Mais l’auteur traite ce sujet avec beaucoup d’humour et d’ironie, se moquant de l’hypocrisie de la plupart des habitants et de leurs superstitions omniprésentes. Il s’agit au départ d’un livre destiné à la jeunesse, mais l’écriture de Marc Twain permet d’offrir une seconde lecture qui séduira tout autant les adultes, un regard critique et drôle sur l’environnement dans lequel évolue Tom Sawyer, une volonté d’opposer l’esprit rebelle du héros à cette bourgade retranchée dans ses superstitions, sa morale et ses règles.

Si Tom Sawyer, au-delà du charme et de la sympathie qu’il dégage, peut apparaître comme un enfant souvent prétentieux et manipulateur, le personnage d’Huckleberry Finn séduit plus encore, car lui, plus que son ami, est le symbole de la liberté. Une liberté que même les plus grandes richesses ne pourraient compromettre.

Je conseille cette lecture, surtout peut-être à ceux qui comme moi ont passé des heures devant le dessin animé et qui seront ravis de pouvoir suivre à nouveau Tom Sawyer dans ses aventures.