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California Girls, Simon Liberati, 2016 (Grasset)

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Année 1969, Californie. Dans la nuit du 8 au 9 août 1969, l’actrice et compagne de Roman Polanski, Sharon Tate, alors enceinte, est sauvagement assassinée. Les autres habitants de la villa située au 10050 Cielo Drive subissent le même sort. Les coupables : un garçon et trois filles, tous membres de la secte de Charles Manson.

Nous sommes dans les années 1960, la mode est aux hippies, aux communautés, à l’amour libre et à l’expérimentation de drogues de toutes sortes. La « famille » Manson vit à Spann Ranch, près de Los Angeles. A la tête de cette communauté, il y a Charles Manson, ancien proxénète, déjà condamné, également pour des faits de vol. Aux yeux de ses adeptes, Manson est une réincarnation du Christ. Charismatique et colérique, il a tous les pouvoirs sur sa communauté, principalement constituée de jeunes filles isolées de leur famille et en fuite.

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La réserve, Russel Banks, 2008 (Actes Sud)

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En 1936, autour du lac des Adirondacs, une fête est donnée par le célèbre docteur Cole et son épouse. Ces New Yorkais richissimes, qui fréquentent des gens du même standing, profitent de leur luxueux chalet perdu dans un îlot de paradis. Le peintre Jordan Groves, célèbre pour son art, ses voyages, ses liaisons extraconjugales et sa réputation sulfureuse de communiste, est invité à la soirée et rencontre à cette occasion Vanessa, la fille du docteur Cole, captivante, mystèrieuse et surtout complètement névrosée. Cette rencontre bouleverse le peintre, marié et père de deux enfants qui, s’il est habitué aux histoires d’un soir, sent que cette femme pourrait remettre en cause l’équilibre de son couple.

La mort du docteur Cole va venir bouleverser ce petit monde en apparence si tranquille. Les secrets les plus enfouis seront déterrés, la personnalité de chacun se révèlera au grand jour. Alors que Jordan Groves tente de résister à la tentation, il découvre que sa femme Alicia mène elle aussi une double vie.

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Portrait d’un fumeur de crack en jeune homme, Bill Clegg, 2011 (Jacqueline Chambon)

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Bill Clegg, la trentaine, vit à Manhattan avec son petit ami Noah, réalisateur, et vient de créer avec une amie sa propre agence littéraire. En apparence, la vie de « Billy » a de quoi faire rêver. Sauf que ce récit autobiographique se concentre sur sa descente aux enfers. De junkie discret caché derrière l’apparence d’un jeune homme plein d’avenir à toxicomane coupé du monde et de ses proches,  Bill Clegg se livre avec une grande sincérité.

Comment expliquer cette addiction au crack ? L’auteur ne se risque pas à répondre à cette question mais envisage des pistes à travers des flash-backs sur son enfance, sa relation compliquée avec son père, ses premières amitiés, ses premières amours,… De sa descente aux enfers, il ne cache rien non plus. On le suit dans ces nombreuses chambres d’hôtel qui accueillent sa déchéance. On le voit prendre les mauvaises décisions, reculer quand on lui tend la main, chercher de la compagnie dans sa solitude, s’approvisionner dans des doses toujours plus folles, s’enliser dans la paranoïa, convaincu d’être poursuivi par les stups, par les « mal sapés ».

Le récit évite bien des pièges propres à ce type de confession. Il n’y a ni pathos ni sensationnalisme. L’auteur se livre avec sincérité et simplicité ; les faits sont décrits tels qu’ils sont. Bill Clegg ne cherche pas à donner de leçons ni même à justifier son passé. Son écriture frappe par son dépouillement. Les phrases sont brèves, le rythme est vif et s’accélère sur les dernières pages. Le lecteur est sous-tension, comme hypnotisé par cette lecture. Le contraste entre une écriture si triviale et les faits relatés est d’autant plus saisissant. Bill Clegg, au cours de cette descente aux enfers, risque de tout perdre : sa carrière professionnelle et sa vie amoureuse. Ses proches sont présents, Noah surtout, remarquable par sa patience et sa persévérance. Mais Billy sombre, ne peut plus se passer du crack qui occupe entièrement son esprit. Il dépense une fortune auprès de ses dealers, finit par oublier de prendre soin de lui, perd énormèment de poids et réalise très vite qu’il devient aux yeux des inconnus qu’il croise dans les rues de Manhattan un toxico.

C’est un livre coup de poing qui frappe par sa sincérité, une lecture bouleversante qu’on ne lâche pas. La descente aux enfers est rapide, saisissante. On se retrouve enfermé dans des chambres d’hôtel avec ce narrateur si attachant dont on souhaite qu’il sorte de cet enfer, embrûmé par les vapeurs du crack, asphyxié par l’atmosphère moite d’un Manhattan témoin de l’errance de l’auteur.

Il existe une suite à ce récit, 90 jours dans lequel l’auteur raconte son retour à New York après sa cure de désintoxication. Le film Keep the lights on est quant à lui le récit de ce même épisode mais à travers les yeux d’Ira Sachs, le petit ami de Bill Clegg, rebaptisé Noah dans le récit.

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Et rien d’autre, James Salter (Points)

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Après avoir servi dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, Philip Bowman rentre aux États-Unis. À New York, il trouve un travail dans une maison d’édition, employé d’abord comme lecteur avant de faire ses armes comme éditeur et directeur de collection. Très vite, il rencontre Vivian, fille d’un riche propriétaire terrien en Virginie, et l’épouse. Ce mariage arrivé sûrement un peu trop vite se révèle être un échec. Vivian le quitte, avouant l’évidence : ils n’ont rien en commun. À partir de là Philip Bowman se laisse porter par ses désirs, rencontrant des femmes toujours plus belles, souvent déjà mariées, vivant avec elles des passions toujours plus fortes. On le suit dans sa vie d’éditeur, au cours de dîners mondains, de voyages avec ses liaisons qui se suivent et se ressemblent presque.

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Plus rien que les vagues et le vent, Christine Montalbetti, P.O.L

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Un Français débarque à Cannon Beach, petite ville de la côte ouest des États-Unis. De cet homme, on ne sait rien, ni son nom, ni ce qui le conduit ici. Le fait est qu’il se trouve dans cette ville, que sur cette ville pèse la menace constante d’un océan déchaîné, mais aussi d’un volcan qui, quelques années plus tôt s’est réveillé, alors que plus personne ne s’y attendait. Comme refuge, il y a le bar de Moses, où l’on rencontre trois hommes, Colter, Shannon et Harry Dean, aux destins cabossés, qui se retrouvent là à boire et parler tous les soirs, intégrant peu à peu l’oreille attentive de notre Français. Celui-ci, narrateur, nous prend à témoin. Il nous installe près de lui pour nous raconter son histoire. Il en perd le fil souvent, et de digressions en digressions, il pose le décor et les personnages. Il relate les confidences de ces trois hommes, répète ce qu’il a entendu, suggère ce qu’il a cru comprendre ou ce qu’il peut imaginer des non-dits. Dès le début, il confesse qu’il aurait pu prévoir la suite, qu’il aurait dû se méfier. Il faudra attendre les derniers chapitres pour la révélation.

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Wake up America : 1940-1960, Nate Powell, Andrew Aydin, John Lewis (Rue de Sèvres)

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Nous sommes le 20 janvier 2009 et Barack Obama s’apprête à prononcer son discours d’investiture. Le député John Lewis se prépare pour assister à l’événement au côté de sa sœur Rosa lorsqu’il est interrompu par une femme accompagnée de ses deux enfants. Celle-ci, très émue par cette rencontre, souhaite faire connaître à ses deux fils l’histoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis, en leur présentant l’une des figures emblématiques de la lutte.

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Les âmes perdues, Michael Collins (Le Seuil/Points)

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Un soir d’Halloween, dans une petite ville des États-Unis, le corps d’une fillette heurtée par une voiture est retrouvé. Quand les soupçons commencent à se porter sur Kyle Johnson, la star de l’équipe locale de football, le maire et le commissaire demandent au narrateur, Lawrence, policier qui ne se remet pas d’un divorce difficile, d’étouffer l’affaire.

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