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Carthage, Joyce Carol Oates, 2015 (Philippe Rey)

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Dans la famille Mayfield, il y a Zeno, le père, ancien maire estimé de tous, sa femme Arlette engagée dans des œuvres de charité et leurs deux filles. Juliet est la jolie, Cressida l’intelligente. Cette dernière, hors norme, cynique, dérange et déstabilise même ses proches. Un soir, Cressida disparaît. Son sang est retrouvé dans la jeep de Brett Kincaid, l’ancien fiancé de sa sœur, de retour d’Irak, blessé et défiguré. Des témoins jurent avoir vu Cressida dans un bar avec Brett le soir de sa disparition.

Dans ce roman, Joyce Carol Oates retrouve ses thèmes de prédilection : l’adolescence, la famille, la blessure, l’humiliation et le mystère. Ce roman est aussi l’occasion pour elle d’évoquer l’Amérique post-11-Septembre : la guerre en Irak et le retour difficile de ces héros traumatisés et laissés pour compte.

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La réserve, Russel Banks, 2008 (Actes Sud)

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En 1936, autour du lac des Adirondacs, une fête est donnée par le célèbre docteur Cole et son épouse. Ces New Yorkais richissimes, qui fréquentent des gens du même standing, profitent de leur luxueux chalet perdu dans un îlot de paradis. Le peintre Jordan Groves, célèbre pour son art, ses voyages, ses liaisons extraconjugales et sa réputation sulfureuse de communiste, est invité à la soirée et rencontre à cette occasion Vanessa, la fille du docteur Cole, captivante, mystèrieuse et surtout complètement névrosée. Cette rencontre bouleverse le peintre, marié et père de deux enfants qui, s’il est habitué aux histoires d’un soir, sent que cette femme pourrait remettre en cause l’équilibre de son couple.

La mort du docteur Cole va venir bouleverser ce petit monde en apparence si tranquille. Les secrets les plus enfouis seront déterrés, la personnalité de chacun se révèlera au grand jour. Alors que Jordan Groves tente de résister à la tentation, il découvre que sa femme Alicia mène elle aussi une double vie.

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Et toi, tu as eu une famille ?, Bill Clegg, 2016 (Gallimard)

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Le roman s’ouvre sur un drame. Le matin du mariage de la fille de June Reid, un incendie ravage sa maison. Elle est la seule rescapée mais elle vient de perdre sa fille, Lolly, son futur gendre, son ex-mari Adam et son petit-ami Luke. Comment se remettre d’un tel drame ? Pour June, la solution est dans la fuite. Elle prend la route et quitte le Connecticut. Au fil de son voyage, c’est l’histoire de sa famille qui se recompose : les liens perdus, ceux que l’on a cherché à reconstruire, les liens naissants.

Bill Clegg ne s’attarde pas sur la tragédie de l’incendie mais, comme le laisse suggérer le titre, s’interroge sur la famille. Il donne la parole à de nombreux narrateurs, proches des victimes, parents, amis, employés,… Grâce à ce procédé et à une construction non linéaire du récit, le lecteur lève peu à peu le voile sur l’intrigue et sur les liens qui unissent chacun des personnages.

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Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan (Le livre de poche)

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À première vue, le style de Delphine de Vigan n’a rien d’exceptionnel, même si l’écriture est maîtrisée et le ton est juste. Pourtant, au fil des pages, on est bouleversé par ce récit dont le sujet principal est la mère de l’auteur. Évidemment, l’histoire (vraie) de sa famille et de ses drames pourrait suffire à provoquer l’émotion. Mais si l’auteur a su conquérir le cœur du lectorat français, c’est aussi et surtout grâce à son écriture qui, sans s’en donner l’air, est d’une grande intensité. Il est difficile d’expliquer ces deux ressentis : ce sentiment d’une écriture presque banale et l’intensité du récit, le choc même au fil de la lecture. Cela est peut-être dû à un autre paradoxe : la pudeur de l’auteur qui pourtant ne nous cache rien de sa famille. Pour y parvenir, Delphine de Vigan ruse. Dans la première partie, elle raconte l’enfance de sa mère à travers un regard de narrateur totalement extérieur, puisqu’il ne peut en être autrement. Grâce à la troisième personne du singulier, l’auteur se met à distance de son sujet. Dans les parties qui suivent, c’est à travers un regard d’enquêtrice que Delphine de Vigan retrace la vie de sa mère. L’auteur a enquêté auprès de ceux qui l’ont cotoyée : ses frères et sœurs, son autre fille. Elle a recueilli des lettres, des journaux intimes, des cassettes enregistrées par son grand-père, Georges. Tout cela lui permet de dérouler le fil de la vie de sa mère tout en maintenant une distance qui semble indispensable pour lui permettre d’écrire ce livre mais surtout pour tenir le coup lors de cette entreprise qui se révèle douloureuse et traumatisante.

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Zarbie les yeux verts, Joyce Carol Oates, Folio

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Zarbie les yeux verts est à classer parmi les romans pour adolescents de la bibliographie de Joyce Carol Oates. On y retrouve malgré tout les thèmes qui lui sont chers et une atmosphère qui lui est propre.

Roman pour ado par le sujet, oui. Une adolescente avec des pensées typiques de son âge. Plus précisément Francesca. Mais elle déteste ce prénom. Appelez-la plutôt Frankie. Et ne l’énervez pas, sous peine de la voir devenir Zarbie. Zarbie est rebelle, n’a peur de rien, répond et se défend. Le plus souvent Franckie ne contrôle pas Zarbie. Personnalités multiples à l’image de l’adolescence et de ses humeurs changeantes et extrêmes.

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