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La symphonie du hasard (Livre 3), Douglas Kennedy, 2018 (Belfond)

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Critique du livre 1

Critique du livre 2 

Dans ce dernier opus, nous retrouvons Alice Burns de retour aux États-Unis après le drame vécu en Irlande. Spoiler : L’homme qu’elle aimait est décédé dans une attaque terroriste. Les séquelles émotionnelles sont très importantes, mais Alice décide rapidement de se prendre en main et d’avancer, quitte à mettre de côté sa peine. Malheureusement pour elle, la famille Burns a toujours autant de mal avec la stabilité et le réconfort… Très vite, elle est obligée de fuir sa mère et de se reconstruire auprès de deux de ses amis de fac, Duncan et Howie. Elle s’installe dans le Vermont où elle obtient un poste d’enseignante dans une université. Sa nouvelle vie la fait voyager entre le Vermont et New York, ville de ses rêves dans laquelle elle entretient une liaison avec un homme en plein divorce. Désormais prête à vivre la vie dont elle a toujours rêvé, Alice accepte un poste d’assistante d’édition à New York. Très vite, elle progressera dans sa carrière. Mais une fois encore, c’est un drame familial qui va faire basculer la vie d’Alice.

Dans ce troisième tome, nous découvrons l’Amérique des années 1980. L’ère est à la politique de Reagan, au capitalisme effréné, et aux Golden Boys. Son frère, Adam, va entrer dans le monde de la finance. Ce nouveau monde effraie un peu Alice qui assiste à tout ça avec un regard critique, mais assez juste. Les années 1980, ce sont aussi les années de découverte d’une nouvelle maladie, le SIDA. Alice et Howie vont perdre de nombreux proches et découvrir avec horreur les conséquences de ce mal.

Comme à son habitude, c’est à travers l’histoire familiale d’Alice que Douglas Kennedy dépeint les États-Unis. Encore une fois, cette famille ne nous laisse aucun répit. Les personnalités très fortes et exagérées de chacun de ses membres donnent lieu à de nombreux rebondissements, jusqu’au plus fort qui vient porter un coup fatal aux Burns.

Ce troisième tome est celui que j’ai préféré. Peut-être que cela est dû à l’attachement aux personnages né au fil des romans. Cela est peut-être aussi lié au fait que Douglas Kennedy resserre davantage son récit sur les liens familiaux. Bien ancrés dans l’époque du roman, les personnages sont tour à tour attachants et désespérants mais toujours intéressants. Il reste à la fin un sentiment étrange de se dire que nous quittons ce petit monde. Sauf si le « à suivre » qui clôt le roman laisse présager encore un nouveau tome ?

 

« Il y a des moments où on a vraiment besoin de sa famille, si dysfonctionnelle
soit-elle. Ils ont réussi à sauvegarder les apparences, sans montrer une seule fois
la rancœur qui subsistait entre eux, et tout dans leur attitude montrait qu’ils feraient de leur mieux pour m’aider à laisser cette horreur derrière moi. »