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Les petites reines, Clémentine Beauvais, 2015 (Sarbacane)

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Cette année, Mireille Laplanche n’a pas gagné. Non, ce n’est pas elle le Boudin d’or. Elle est reléguée au rang de Boudin de bronze. Pendant trois années de suite, elle a pourtant remporté le premier prix. Cette fois, ce sont Hakima et Astrid les grandes gagnantes. Ces dernières sont désemparées face à la situation, contrairement à Mireille qui vit ça avec beaucoup d’autodérision. Les jeunes filles se rencontrent et décident – avec chacune une idée en tête – de se rendre à la Garden Party de l’Élysée… en vélo ! Les parents finissent par accepter, rassurés par la présence de Kader, le frère de Hakima (pour le plus grand plaisir de Mireille !). Pour financer leur road trip, elles cuisineront et vendront du boudin sur leur passage. Mais les jeunes filles n’avaient pas anticipé la médiatisation et ce qui allait en découler…

Dans ce roman, Clémentine Beauvais aborde de nombreux thèmes tous très sensibles avec beaucoup d’humour : harcèlement scolaire, handicap, diktat de la minceur, etc. L’intrigue est loufoque, peu réaliste, mais le ton de l’auteur, son style relevé et dynamique ainsi que le caractère bien trempé de son héroïne rendent cette lecture très prenante et très agréable. Mireille a un grand sens de la répartie et une franchise rafraichissante. Les personnages secondaires sont un peu écrasés par cette forte personnalité, ce qui est dommage. Hakima et Astrid ont pourtant un fort potentiel et pourraient être des personnages beaucoup plus riches. L’auteur veut aussi nous montrer que les trois filles vont grandir et mûrir pendant ce périple presque initiatique. L’évolution d’Astrid et Hakima m’a semblé plus subtile que celle de Mireille.

Ce roman a remporté de nombreux prix et a reçu des critiques élogieuses et bien méritées. On passe un très bon moment en compagnie des « trois boudins » : les réparties cinglantes de Mireille dédramatisent toutes les situations, leur amitié naissante nous touche et les situations auxquelles elles sont confrontées font écho à tout ce qu’on peut vivre dans notre quotidien. Un roman dans lequel un grand nombre d’adolescents devraient se retrouver et une lecture utile pour dédramatiser et apporter un peu de légèreté à de graves sujets.

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Sans télé, on ressent davantage le froid, Titiou Lecoq, 2014 (Fayard)

9782213678672-X

Titiou Lecoq est journaliste. Elle travaille notamment pour le magazine en ligne, Slate. Elle tient également un blog Girlsandgeeks.com, dans lequel elle relate avec beaucoup d’humour et de second degré des tranches de vie.

Sans télé, on ressent davantage le froid réunit quelques-uns de ses billets de blog (parfois retouchés pour l’occasion). La première page de ce journal intime 2.0 naît d’une rupture amoureuse. L’occasion pour l’auteur d’évoquer sa vision de l’amour. À travers sa propre expérience, elle offre une analyse assez juste de l’amour chez la génération Y.

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