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Pot-Bouille, Emile Zola, 1882

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Après avoir décortiqué le monde ouvrier dans le septième volume des Rougon-Macquart, L’Assommoir, Zola s’intéresse ici à la bourgeoisie. Tout commence avec Octave Mouret (rencontré dans La Conquête de Plassans) qui débarque à Paris dans le but de réussir. Mais selon lui, la réussite passe aussi par une femme, voilà pourquoi il ne cesse de jouer au séducteur pendant tout le roman. Les femmes qu’il désire, il les trouve dans l’immeuble dans lequel il loge, rue de Choiseul.

C’est dans cet immeuble que se déroule principalement l’action du roman. Zola nous fait découvrir les différents habitants ainsi que leurs domestiques. Dans ce huis clos, il s’en passe de belles : adultères, coucherie, manigances, les coulisses de la bourgeoisie ne sont pas jolies à voir !

Parmi les locataires de l’immeuble, il y a Achille Campardon et sa femme Rose, mais aussi sa cousine Gasparine. Il y a aussi les Josserand, avec la mère de famille, autoritaire et dure, qui cherche par tous les moyens à marier ses filles. Tout ce petit monde se donne des airs, mais cache des mœurs dépravées. Une seule famille de locataire trouve grâce aux yeux de Zola : une famille discrète au deuxième étage, dont le père de famille est auteur et écrit sur la bourgeoisie. On a comme un air de déjà-vu, non ? Pour le concierge de l’immeuble, l’auteur est le plus immoral de tous :

L’homme du second avait écrit un roman si sale, qu’on allait le mettre à Mazas.

— Des horreurs ! continua-t-il, d’une voix écœurée. C’est plein de cochonneries sur les gens comme il faut.
Même on dit que le propriétaire est dedans ; […] Nous savons maintenant ce qu’ils fabriquent, avec leurs airs de rester chez eux. Et, vous voyez, ça roule carrosse, ça vend leurs ordures au poids de l’or !

Cette idée surtout exaspérait M. Gourd. Madame Juzeur ne lisait que des vers, Trublot déclarait ne pas se connaître en littérature. Pourtant, l’un et l’autre blâmaient le monsieur de salir dans ses écrits la maison.

Pour ne pas voir sa propre saleté, on la cherche aussi chez les autres, les bourgeois ont alors les domestiques pour ça. Zola montre bien comment l’univers dans lequel vivent et évoluent ces derniers est plein de crasse : dans le linge et la vaisselle à laver, dans les eaux sales, dans leurs petits logements exigus. Mais la plus grande crasse qu’ils fréquentent est bien celle de leurs maîtres et de leur hypocrisie.

Même l’abbé, qui connaît et confesse tous ces habitants, est à la dérive. A-t-il encore Dieu de son côté lorsqu’il absoud les moindres péchés dont il est témoin ? Une fois encore, l’auteur fait se confronter la religion et la médecine à travers les personnages de l’abbé Mauduit et du Dr Juillerat, qui très souvent s’opposent.

Mais le rôle principal est donné aux femmes. À première vue, Zola est très critique avec elles : autoritaires, volages, intéressées, mais peut-être que cela est fait pour montrer surtout la faiblesse des hommes que Zola décrit comme lâches et obsédés par le seul plaisir.

À la fin du roman, Octave Mouret épouse Mme Hédouin, la veuve du propriétaire du magasin Au bonheur des dames. Ce qui donnera le thème du prochain volume de la saga.

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Nana, Emile Zola, 1880

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Dans ce neuvième tome des Rougon-Macquart, nous retrouvons Nana, rencontrée dans le tome précédent, L’Assommoir. C’est dans ce roman que le lecteur avait vu grandir la fille de Gervaise. Témoin de la déchéance et des mœurs dissolus de ses parents, Nana est une petite fille vagabonde et vicieuse.

Lorsque l’on retrouve Nana dans cet opus, elle est sur la scène du théâtre des Variétés et fait sensation dans le rôle de La Blonde Vénus. La jeune femme est pourtant dépourvue de talent, mais son charme, son audace et son attitude provocante ne laissent aucun homme indifférent. Dans son bel appartement, offert par un amant russe, défilent ses admirateurs, ses amants et ses créantiers. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de son jeune fils, Louiset, né de père inconnu, Nana se livre à la prostitution. Elle organise également des soirées où se mêlent des filles légères, des acteurs et ses nombreux prétendants. Un de ces hommes, le banquier Steiner, lui offre une maison à la campagne. Nana s’y rend et entreprend une liaison avec le jeune Georges Hugon, tout en poursuivant sa liaison avec le comte Muffat.

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