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Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, 2016 (Sarbacane)

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Ce roman de Clémentine Beauvais est totalement atypique. Il s’agit d’une véritable prise de risque de la part de l’auteur, qui ne fait pas dans la facilité en choisissant d’adapter Eugène Onéguine, roman en vers d’Alexandre Pouchkine, datant de 1831. Le risque est encore plus grand de proposer un roman en vers libre et de jouer autant sur la mise en pages et la typographie. Pourtant, l’auteur réussit ce pari haut la main !

L’histoire est celle de Lensky, Olga, Tatiana et Eugène et de leur découverte de la passion amoureuse. Lensky aime Olga à la folie. Son meilleur ami Eugène est un adolescent désabusé. La petite sœur d’Olga, Tatiana est malgré tout séduite par ce garçon à l’assurance déconcertante. Leur histoire ne dure pas : tout d’abord à cause du caractère d’Eugène et de son pessimisme mais surtout à cause d’un drame qui vient bouleverser la vie de ces adolescents.

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C’est beau une ville la nuit, Richard Bohringer, 1990 (Folio)

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C’est beau une ville la nuit est un long poème en prose ponctué de paroles de chansons, de confessions, de cris du cœur. Richard Bohringer se raconte dans un récit sans linéarité, comme pour coller à une vie faite d’errance. Impossible de ne pas entendre la voix si particulière de l’acteur à la lecture de ses mots. Une voix et un style que l’on devine façonnés par les coups durs de la vie, une enfance sans parents, une rupture amoureuse, l’alcool, l’héroïne, les amis perdus. Richard Bohringer écrit comme il parle, sans fioritures, en toute franchise. On devine derrière les coups de gueule un cœur trop sensible, une personnalité à vif. Le style est saccadé, musical, comme du slam avant l’heure.

Richard Bohringer porte un regard touchant et empathique sur le monde et les hommes.

« Écrire relève de l’espérance. Tu mets la virgule là où tu veux que ça freine et le point là où tu veux que ça s’arrête. Quand tu veux laisser ton idée faire son chemin sans toi, tu rajoutes quelques points. Quand tu t’étonnes, tu peux t’exclamer, c’est pas obligé. Et puis le reste, tu laisses à ceux qui veulent tout expliquer. »

 « Vie je te veux. Je t’ai toujours voulue. J’avais pas le mode d’emploi. C’est pour ça que j’ai tant attendu. Pour te dire combien je t’aime. Comme si t’avais toujours eu ta place dans mon horizon. Mais comment faire pour t’aimer ? Vraiment t’aimer. »